Considération de la prière

Traduction du livre : تعظيم الصلاة du Sheykh ‘Abd Ar-Razzâq Al-Badr, Qu’Allah le préserve.

INTRODUCTION

La louange revient à Allah qui a comblé Ses serviteurs croyants de ce qui leur a permis de Le connaître ; qui a ouvert leurs poitrines au fait de croire en Lui et de Lui vouer un culte exclusif ; [Louange à Lui] pour ce qu’Il leur a imposé de prière afin qu’ils s’inclinent devant Sa Majesté, redoutent Son Immensité et s’humilient devant Sa Grandeur. Et Il ne leur a rien imposé, après le fait de Lui vouer un culte exclusif [At-Tawhîd] et de reconnaître Ses messagers comme véridiques, et il n’y a aucune des obligations venant de Lui qui ne passe avant et qui soit plus importante que la prière. Quiconque y est assidu, elle sera pour lui lumière, preuve évidente et salut au Jour de la Résurrection. Et quiconque la néglige n’aura ni lumière, ni preuve évidente, ni salut au Jour de la Résurrection.

J’atteste qu’il n’est de divinité qui soit digne d’être adorée si ce n’est Allah, Seul, sans associé. Parole par laquelle furent établis la terre et les cieux, sur laquelle fut créé l’ensemble des créatures ; sur laquelle fut fondée la religion et instaurée la direction ; c’est la parole de la soumission ainsi que la clé de la demeure de la paix ; et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager ; la meilleure de Ses créatures, Sa preuve sur Ses serviteurs, Son garant quant à Sa révélation. Il l’a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant qu’exemple pour les pieux et que voie pour les itinérants. Il l’a envoyé avec la guidée et la religion de vérité, proche de l’heure, annonciateur de bonnes nouvelles et avertisseur, appelant à Allah par Sa permission et tel une lumière étincelante. Qu’Allah prie sur lui, les siens, ses Compagnons, ses épouses et les salue de salutations en abondance. Ceci dit :

Il est certain que la plus préoccupante des affaires du serviteur est sa prière ; quiconque y est assidu et la préserve aura préservé sa religion. Quant à celui qui l’aura laissée se perdre, il aura assurément été encore plus laxiste dans le reste de son œuvre. Elle est le pilier sur lequel repose l’islam, comme nous est parvenu authentiquement du Prophète (sur lui la paix et le salut), et l’ensemble des prescriptions est, par rapport à cette prière, à l’image de la corde, des piquets et autres [accessoires d’une tente, par rapport au pilier central de celle-ci]. Si la tente n’est pas dotée d’un pilier central, on ne tirera aucun profit des différentes parties qui la constituent. De ce fait, l’acceptation de l’ensemble des œuvres dépend de l’acceptation de la prière. Si elle est rejetée, l’ensemble des œuvres se voit rejeté. Elle est la première des obligations de l’Islam et la dernière chose que l’on perd de la religion. Ainsi, elle est le début de l’islam et sa fin. Et lorsque son début et sa fin s’en sont allés, il n’en reste plus rien. Car toute chose dont le début et la fin s’en vont, s’en va certes aussi, dans son ensemble.

La religion du musulman n’est pas stable, ses actions ne sont pas saines et son cheminement dans ses affaires, religieuses ou mondaines, n’est pas équilibré jusqu’à ce qu’il accomplisse cette prière de la façon dont elle a été légiférée, aussi bien du point de vue de la croyance que des rituels, en suivant le messager d’Allah (sur lui la paix et le salut).

Et « Il ne fait aucun doute que la prière soit le réjouissement de ceux qui aiment, le régal de l’esprit des monothéistes, le jardin des adorateurs, le délice des âmes de ceux qui craignent, l’épreuve de l’état des véridiques, la balance de l’état des itinérants et elle est la miséricorde d’Allah offerte à Ses serviteurs croyants.

Il les y a guidés, la leur a fait connaître, la leur a offerte de la main de Son messager, le véridique et digne de confiance, par miséricorde à leur égard, pour les honorer, afin qu’ils goûtent, par son intermédiaire, les honneurs qu’offre Sa générosité ainsi que la victoire par Sa proximité. [Il a fait cela] non pas par un besoin qu’Il aurait d’eux, mais plutôt comme un don de Sa part, une faveur à leur égard dont Il a fait une adoration, aussi bien pour leurs cœurs, que pour leurs corps ; et Il a fait que la part du cœur qui connait cette adoration soit la plus complète et la plus importante des deux. [Cette part du cœur,] c’est le rapprochement de son Seigneur,  Gloire et pureté à Lui, sa joie et le grand plaisir qu’il ressent par sa proximité, le fait d’avoir été comblé de Son amour, le plaisir qu’il ressent à se tenir debout devant Lui. C’est le fait qu’il s’écarte, dans son état de servitude, de se tourner vers qui ou quoi que ce soit d’autre que Celui qu’il adore, son acquittement des droits de la servitude, de manière apparente et cachée, jusqu’à ce qu’elle soit réalisée de la façon dont l’agrée son Seigneur, Gloire et Pureté à Lui. » [1]

C’est un devoir pour chaque musulman de prendre grand soin de cette obligation qui est un lien entre lui et son Seigneur, Exalté soit-Il ; de faire attention à ses piliers, ses obligations, ses conditions et autres parmi ce qu’a légiféré Allah à son sujet ; de l’accomplir avec la plus grande crainte révérencielle, de la meilleure des façons et d’une manière apaisée, extérieurement et intérieurement, afin qu’il en obtienne la grande récompense. Il est rapporté, dans le recueil authentique de Muslim, de ‘Uthmân ibn ‘Affân (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : « Il n’est pas un musulman à qui se présente l’une des prières prescrites et qui accomplit, pour elle, les ablutions ; la prie avec crainte et dévotion et parfait ses inclinaisons sans qu’elle ne soit pour lui une expiation des péchés qui la précèdent,  tant qu’il ne commet pas de grand péché ; et ceci est valable de tout temps ».

Cette épître comprend un ensemble d’exhortations et de conseils au sujet de cette grande adoration dont l’essentiel est tiré de discours que j’ai prononcés à l’attention de la communauté de l’islam, lors de différents jours bénis du vendredi, j’y ai annexé quelques points précieux tirés [des œuvres] de Shaykh Al-Islam ibn Taymiyyah et de son élève ibn al-Qayyim (qu’Allah leur fasse miséricorde). Et j’espère que ce que j’ai réuni l’aura été dans la lignée des pieux prédécesseurs lorsqu’il s’agit de prendre soin de la prière, du rappel de sa place et de la considération qui doit lui être accordée. [A l’instar de ce que l’on] trouve dans l’authentique d’Al-Bukhârî, relaté par Al-Aswad qui a dit :

« Nous étions chez ʽÂ’ishah (qu’Allah l’agrée) et nous avons évoqué l’assiduité à la prière ainsi que la considération qu’on devait accorder à cette dernière, elle dit : « Lorsque le Messager d’Allah est tombé malade de la maladie lors de laquelle il est mort, vint l’heure de la prière ; on fit l’appel et il dit : « Ordonnez à Abû Bakr de diriger la prière pour les gens ! » Il lui fut dit alors : « Abû Bakr est un homme très sensible ; s’il se tient à ta place, il ne pourra pas diriger la prière pour les gens ! » ; il répéta et ils lui répétèrent ; il répéta la troisième [fois] et dit : « Vous êtes vraiment telles que les femmes du temps de Yûsuf ! Ordonnez à Abû Bakr de diriger la prière pour les gens ! » Abû Bakr sortit et pria, et comme le prophète se sentit mieux, il sortit en s’appuyant sur deux hommes, c’est comme si je voyais encore ses pieds traînant sur le sol à cause de la douleur. Abû Bakr voulut reculer mais le Prophète lui fit signe de rester à sa place, ensuite il fut conduit jusqu’à s’asseoir à ses côtés – il fut dit à Al-A’mash : « Le Prophète priait, Abû Bakr priait, et les gens suivaient Abû Bakr dans leur prière ?! » Il répondit : « Oui » par un signe de la tête. »

Ainsi, ʽÂ’ishah (qu’Allah l’agrée) relata dans cette assise bénie consacrée à l’importance de la prière, au rappel de sa place et de la considération qui doit lui être accordée, cette histoire marquante et digne de considération. Elle concerne le maître des enfants d’Adam, l’exemple pour les mondes, et comment, alors qu’il était dans la maladie de son décès, lorsqu’il se sentit mieux, il sortit en s’appuyant sur deux hommes, traînant ses pieds sur le sol de douleur par considération pour la prière et veillant à la préserver. Et il y a ici, en termes d’éducation, d’enseignement et d’exemplarité, ce qui n’échappe à personne.

Je demande à Allah, à Lui l’Elévation et la Grandeur, qu’Il accorde à cette épître une grande part de bénédiction, qu’Il fasse qu’elle soit sincèrement pour Son visage, utile pour Ses serviteurs. Tout comme je Lui demande, Gloire et Pureté à Lui, qu’Il arrange l’état de l’ensemble des musulmans, qu’Il emplisse leurs cœurs de piété et qu’Il arrange toutes leurs affaires. Qu’Il accorde à tous le repentir sincère de l’ensemble des péchés, qu’Il leur facilite le fait de prendre soin de la prière et de lui accorder de la considération, ainsi que la fermeté sur la voie légiférée par Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, dans l’ensemble de leurs affaires, et qu’Il les préserve des stratagèmes ourdis par l’ennemi. Il est certes Celui qui entend l’invocation, et digne que l’on place en Lui nos espoirs, et Il nous suffit et quel bon gérant pour nos affaires. Qu’Allah prie et salue Son serviteur et messager, notre prophète Muhammad ainsi que les gens de sa maison et ses Compagnons.

Ecrit par ‘Abd ar-Razzâq ibn ‘Abd al-Muhsin al-Badr __________  ________________________________   Le Le 25 Muharram 1434 / 9 Décembre 2012.

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  • Traduit par : Abdallah abou Ahmad pour bintadnan.fr
  • Première mise en ligne le 23 Sha’bân 1438 correspondant au 20 mai 2017.

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[1] Les secrets de la prière » de ibn al-Qayyim. (p.228)

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